À la première gorgée de Tej, on hésite. Sucré ? Acide ? Fleuri ? Fermenté ? C’est tout ça à la fois. Ce vin de miel ancestral, préparé depuis des siècles en Éthiopie et en Érythrée, n’a rien à voir avec les hydromels lisses et linéaires qu’on connaît par ici. Il dérange, séduit, intrigue. Mais il marque.
Le Tej est une boisson vivante, presque sauvage, brassée avec du miel, de l’eau, et un ingrédient emblématique : le gesho, une plante locale proche du houblon, qui donne au breuvage son amertume et sa complexité. On le sert dans une jolie carafe en forme de flacon de laboratoire, appelée berele, qui fait sourire les novices avant même la première gorgée.
Les arrivages sont rares mais j’en propose parfois dans la boutique
Dans les tej bets, ces maisons à Tej populaires dans toute l’Éthiopie, on choisit son intensité : light, medium, ou strong. Le light est doux, pétillant, presque un soda au miel. Le medium, plus équilibré, révèle des arômes de fleurs, d’agrumes, et parfois d’écorce. Et le strong… c’est l’affaire des initiés : sec, funky, presque vineux. Il se sirote lentement, entre amis, pendant une fête ou une soirée paisible à la lueur d’une lampe solaire.
Le Tej n’est pas qu’une boisson : c’est une culture. Il raconte la générosité éthiopienne, où frapper chez un inconnu pour boire un café — ou un Tej — est parfaitement naturel. Il dit aussi les dérives modernes : Tej dilué, coupé au sucre ou teinté de curcuma… Mais les amateurs savent. Une langue jaune, et le verdict est sans appel.
À Paris, il est rare. Mais parfois, dans une soirée habesha, un Tej maison circule. Et soudain, le goût du miel des hauts plateaux refait surface.
ma recette de tej c’est par ici



